
lasolitude
La solitude est un défi pour beaucoup de basenji, ce n'est pas à prendre à la légère
Apprendre à rester seul fait partie des apprentissages importants dans la vie d’un chiot.
Chez le Basenji, cet apprentissage mérite une attention particulière. Même s’il est souvent décrit comme indépendant, le Basenji est aussi un chien très attaché à son groupe social. Il observe énormément son environnement, ses humains et leurs habitudes.
L’objectif n’est donc pas simplement qu’il « supporte » votre absence, mais qu’il apprenne progressivement que rester seul quelques instants est une situation normale, temporaire et sans danger.
Cet apprentissage doit se faire progressivement, en respectant le rythme du chiot.
Commencer avant même de quitter la maison
L’apprentissage de la solitude ne commence pas forcément lorsque vous franchissez la porte d’entrée.
Il peut commencer alors que vous êtes encore chez vous.
Par exemple :
- laissez votre chiot se reposer dans son panier pendant que vous vous déplacez dans une autre pièce ;
- évitez qu’il vous suive systématiquement partout ;
- fermez parfois une porte quelques secondes ;
- utilisez éventuellement une barrière afin qu’il puisse vous voir sans être constamment en contact avec vous ;
- laissez-le profiter de certains moments d’autonomie lorsqu’il joue ou se repose seul.
Un chiot qui apprend progressivement à ne pas être constamment collé à son humain sera généralement mieux préparé aux futures absences.
Ton livret insiste déjà sur ce travail d’autonomie et sur le fait de ne pas interrompre systématiquement un chiot qui joue calmement seul.
Apprendre aussi à ne rien faire
Nous avons parfois tendance à vouloir occuper constamment nos chiens.
Pourtant, savoir se poser, observer son environnement et dormir fait également partie des apprentissages.
Si votre chiot est tranquillement installé dans son panier, inutile de l’appeler systématiquement pour jouer ou interagir avec lui.
Il doit apprendre que tous les moments de la journée ne sont pas forcément consacrés à une activité avec son humain.
Le repos et les moments d’autonomie sont également importants dans ton livret, notamment dans les chapitres consacrés à la solitude et à l’activité du chiot.
Créer de toutes petites séparations
Au début, il n’est pas nécessaire de partir pendant plusieurs minutes.
Vous pouvez simplement :
- quitter la pièce quelques secondes ;
- revenir tranquillement ;
- recommencer plus tard ;
- augmenter progressivement la durée lorsque le chiot reste à l’aise.
L’idée n’est pas de tester jusqu’où il peut tenir.
On cherche plutôt à lui faire vivre de nombreuses petites séparations faciles et réussies.
Quelques secondes peuvent être suffisantes au départ.
Puis ces quelques secondes deviennent progressivement une minute, puis quelques minutes.
Chaque chiot évolue différemment : il n’existe pas de durée parfaite applicable à tous.
Faire de vrais petits départs
Lorsque les séparations à l’intérieur de la maison sont bien vécues, vous pouvez commencer à sortir réellement du logement.
Par exemple :
- sortir devant la porte quelques secondes ;
- aller chercher le courrier ;
- descendre les poubelles ;
- faire un aller-retour très court à l’extérieur.
Revenez normalement, sans transformer chaque départ et chaque retour en événement extraordinaire.
L’objectif est que le chiot finisse par considérer vos allées et venues comme quelque chose de banal.
Banaliser les signes annonçant un départ
Les chiens apprennent très vite nos habitudes.
Les clés, les chaussures, un manteau, un sac ou certains gestes peuvent rapidement devenir synonymes :
« Mon humain va partir. »
Vous pouvez donc parfois effectuer ces gestes sans réellement partir.
Par exemple :
- prendre vos clés puis les reposer ;
- mettre votre manteau puis rester à la maison ;
- préparer votre sac sans sortir ;
- ouvrir puis refermer la porte.
Cela aide à éviter que chacun de ces éléments devienne automatiquement un signal annonçant une longue absence.
Préparer un espace calme et sécurisé
Pour ses premières absences, inutile de laisser immédiatement votre chiot accéder à toute la maison.
Un espace adapté peut être plus simple à gérer.
L’environnement doit surtout être :
- sécurisé ;
- confortable ;
- débarrassé des objets dangereux ;
- suffisamment calme pour que le chiot puisse se reposer ;
- avec de l’eau disponible selon la durée et le contexte.
Le Basenji étant particulièrement curieux et agile, pensez également aux objets accessibles en hauteur, aux câbles, aux poubelles, aux rideaux et à tout ce qui pourrait devenir extrêmement intéressant une fois que vous avez le dos tourné.
Utiliser une occupation alimentaire : possible, mais observer le chien
Vous pouvez proposer une occupation adaptée au chiot lors de certaines petites absences : mastication, jouet alimentaire ou autre activité calme.
Mais il est important de comprendre qu’une occupation n’apprend pas à elle seule au chien à gérer la solitude.
Elle peut simplement participer à créer un moment agréable.
Et surtout, observez ce que fait réellement votre chiot.
Un chiot normalement très gourmand qui, dès votre départ, abandonne complètement son Kong ou ses friandises peut montrer qu’il est trop préoccupé ou stressé pour manger.
Ce signe seul ne permet pas de conclure à une anxiété de séparation, mais il mérite d’être pris en compte avec les autres comportements observés.
À l’inverse, un chien qui mange son occupation pendant quelques minutes n’est pas forcément parfaitement à l’aise pendant toute l’absence.
C’est pour cette raison que la caméra reste très intéressante.
Installer une caméra
Une caméra est l’un des outils les plus utiles pour accompagner l’apprentissage de la solitude.
Elle permet de voir ce qui se passe réellement après votre départ.
Vous pouvez observer :
- s’il continue son activité ;
- s’il se couche rapidement ;
- s’il surveille constamment la porte ;
- s’il se déplace beaucoup ;
- s’il vocalise ;
- s’il semble incapable de se poser ;
- et surtout à quel moment son comportement commence éventuellement à changer.
Dans son document consacré à la solitude, Rémy recommande précisément l’utilisation d’une ou plusieurs caméras afin d’identifier le moment où le chien commence à ne plus être à l’aise.
La caméra permet donc d’adapter la difficulté au chiot plutôt que de travailler uniquement à l’aveugle.
Alterner différents types de solitude
Le chiot peut progressivement apprendre plusieurs situations.
Vous êtes dans une autre pièce : il ne vous voit plus mais sait que vous êtes toujours dans la maison.
Vous êtes derrière une porte ou une barrière : vous êtes temporairement inaccessible.
Vous sortez quelques secondes : première véritable absence.
Vous partez quelques minutes : les durées augmentent progressivement.
Ces différentes situations permettent de construire l’apprentissage par petites étapes.
Prévoir des solutions pour les absences plus longues
Un jeune chiot ne peut évidemment pas apprendre en quelques jours à rester seul pendant plusieurs heures.
Lorsque vous devez vous absenter plus longtemps que ce qu’il est actuellement capable de vivre sereinement, il peut être utile de prévoir temporairement une autre organisation.
Rémy conseille notamment d’anticiper et de disposer idéalement de plusieurs solutions de secours.
Selon votre situation, cela peut être :
- votre conjoint ;
- un membre de votre famille ;
- un ami ;
- un voisin ;
- une personne que votre chien connaît ;
- un pet-sitter ;
- du télétravail lorsque c’est possible ;
- emmener ponctuellement votre chien avec vous ;
- ou organiser un échange de garde avec une personne de confiance.
Le but n’est évidemment pas d’empêcher votre chien d’apprendre la solitude.
Il s’agit simplement de ne pas passer brutalement de quelques minutes d’apprentissage réussi à plusieurs heures d’absence imposée.
Prévoir plusieurs solutions de secours
J’aime particulièrement ce conseil donné par Rémy : organiser son planning et prévoir idéalement plusieurs possibilités.
Il présente notamment différentes options allant de la situation la plus confortable — rester avec son humain — jusqu’à une personne connue du chien, puis éventuellement une personne qu’il connaît un peu comme solution de secours.
Cette anticipation peut être particulièrement utile pendant les premières semaines suivant l’arrivée du chiot.
Chaque chiot avance à son rythme
Certains chiots vont très rapidement dormir lorsque vous partez.
D’autres auront besoin de davantage de temps.
Ce n’est pas une compétition.
Évitez donc de comparer :
« Le chien de mes amis reste déjà deux heures seul. »
La bonne progression est celle qui convient à votre propre chiot.
Si une étape devient difficile, revenez simplement à une durée ou une situation qu’il sait gérer sereinement.
Quand l’apprentissage devient une vraie difficulté
Cet article concerne l’apprentissage normal et progressif de la solitude chez un chiot.
Il ne constitue pas un protocole destiné à traiter une anxiété de séparation déjà installée.
Si votre chien présente notamment :
- une panique importante dès votre départ ;
- des vocalisations prolongées ;
- des destructions importantes ;
- des tentatives pour sortir du logement ;
- une agitation permanente ;
- une incapacité totale à se poser ;
- ou une détresse qui semble s’aggraver malgré une progression très douce,
je vous conseille de ne pas multiplier les essais au hasard.
Dans ce cas, il est préférable de demander l’aide d’un professionnel spécialisé.
Rémy Coach Canin
Éducateur comportementaliste canin
Spécialisé dans l’anxiété de séparation
Accompagnement à distance
Site : remycoachcanin.com
Instagram : @remy_comportementcanin
E-mail : contact@remycoachcanin.com
Téléphone : 07 44 97 08 33
Son accompagnement peut être réalisé à distance, ce qui est particulièrement intéressant pour cette problématique puisque le chien peut être observé directement dans son environnement quotidien.
J’ai confiance dans sa manière de travailler et dans les résultats que j’ai pu observer. Je n’hésite donc pas à le recommander aux familles lorsque l’apprentissage classique ne suffit plus ou lorsque la situation devient réellement difficile.
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